Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

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Re: Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

Message par el Charlot » dim. 23 avr. 2017 21:37

Oui un requin pardon ! Comme je disais mes neurones ne sont plus ce qu'ils étaient ;) Pour le graphisme ce n'est pas Druillet , que le scénario, donc pas besoin changer ton opinion sur Druillet ;) as-tu lu "la nuit" ? J'avais bossé avec lui avec un groupe dont je m'occupais un époque, Proton Burst, qui avait fait un concept album magnifique sur cette bédé, moi je trouve que c'est un chef-d'œuvre celle là :) (je commence bien moi ici, bravo le hors sujet)
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Re: Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

Message par ashimbabbar » lun. 24 avr. 2017 00:38

vérification faite en 5mn de googling, je n'ai pas lu La Nuit: la couv' me disait quelque chose mais les échantillons de pages rien du tout. Ce que j'ai lu, c'est Salammbô et les voyages de Lone Sloane, où j'avais trouvé qu'il se laissait vraiment emporter dans le délire gratuit ( d'un autre côté Délirius n'est pas mal, parce que là il y a une histoire solide et qu'il se cadre pour s'y tenir; dans ces conditions son exubérance graphique devient un atout et élève une histoire classique au-dessus du lot ), et je ne sais plus quelle histoire de mutant difforme à qui les démons offrent le pouvoir suprême.

Si jamais je tombe sur la Nuit, j'y jetterai un œil ! :chin
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Re: Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

Message par pelon » lun. 24 avr. 2017 07:22

si je me rappelle bien c'est un album qu'il a fait après le décès de sa femme, avec beaucoup de photos d'elle retravaillées

mais l'histoire, je ne m'en rappelle pas
"lovecraft au d20 ça me parle autant que du coca dans le vin"
myvyrrian a écrit : T'as tort. Tu n'imagines pas à quel point ça met dans l'ambiance...
La Moitié a écrit :cette histoire de taille, moi ça me tarabuste vraiment
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Re: Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

Message par el Charlot » lun. 24 avr. 2017 07:45

Oui sa femme est morte pendant l'écriture de l'album et il consommait pas mal de LSD en plus, d'où l'apparition soudaine des photos au milieu des planches. Si tu trouve la nuit, lit là en écoutant l'album de Proton Burst ça le fait ensemble ;)
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Re: Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

Message par pelon » lun. 24 avr. 2017 12:20

il est facile à trouver, il est sur mes étagères
"lovecraft au d20 ça me parle autant que du coca dans le vin"
myvyrrian a écrit : T'as tort. Tu n'imagines pas à quel point ça met dans l'ambiance...
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Re: Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

Message par el Charlot » lun. 24 avr. 2017 15:39

Je disais ça a Ashimbabbar, mais rien ne vaut une relecture avec la B.O de Proton ;) (c'est bruyant par contre Proton Burst mais "la nuit" colle moins bien avec du Beethoven ou du Dead Can Dance)
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Re: Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

Message par pelon » lun. 24 avr. 2017 17:11

je ne connais pas proton, mais ma femme et mes enfants ne sont pas fans de certains de mes disques comme les dead kennedys
"lovecraft au d20 ça me parle autant que du coca dans le vin"
myvyrrian a écrit : T'as tort. Tu n'imagines pas à quel point ça met dans l'ambiance...
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Re: Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

Message par el Charlot » mar. 25 avr. 2017 10:33

Ha j'ai plus de chances, mes enfants adorent les Dead K (et mon fils, 2 ans 1/2 a une passion pour les Clash ;)). Proton c'est beaucoup plus "métal", écoute au casque ;) (et certaines des compile de mon blog risquent de te plaire *pub* ;))
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Re: Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

Message par ashimbabbar » mer. 24 mai 2017 01:52

Pulgasari est un film qui mérite d’être vu, après tout c’est le seul film de kaiju ( : gros monstre à la Godzilla ) nord-coréen. Si vous lisez l’anglais, vous pouvez le voir sur youtube.

L’histoire du film est en fait plutôt plus intéressante que celle qu’il raconte. Il était une fois un cinéaste sud-coréen ( Shin Sang-ok ) dont les opinions de gauche étaient mal vues du régime de plus en plus dictatorial et répressif de la Corée du Sud, et voilà qu’un beau jour sa femme ( l’actrice Choi Eun-hee ), de qui il s’était séparé d’un commun accord, disparut à Hong Kong. La police étant plus qu’à moitié convaincue que c’était lui qui l’avait fait disparaître et ne s’intéressant pas à d’autres pistes, il se rendit sur place pour enquêter lui-même et découvrit ce qui lui était arrivé de la façon la plus simple et la plus désagréable: lui aussi fut kidnappé par des agents nord-coréens. Cela se passait en 1978.
Quelques tentatives d’évasion lui valurent deux ans dans les prisons nord-coréennes, à l’issue de quoi il fut amené devant Kim Jong-il en persone, alors l’héritier de son père. Ce bon Kim jugeait que la Corée du Nord manquait d’un cinéma à la hauteur et admirait le talent de Shin Sang-ok, donc celui-ci allait se mettre au travail ou bien. Ni Shin Sang-ok ni sa femme ne se portèrent volontaires pour ou bien, ils tournèrent donc un certain nombre de films avant de réussir à s’enfuir lors d’un festival de cinéma en Autriche en 1986 ( à noter que les circonstances avaient ravivé leur flamme mutuelle ). Et, comme Kim il-Sung était un passionné de films de kaiju, Shin Sang-ok, en 1985, tourna Pulgasari.

Donc. Quelque part à l’époque Goryeo ( Goryeo c’est très long, je dirais pour ma part le XIV° siècle ), entre la tyrannie du roi et les mauvaises récoltes, il y a des rebelles. D’où le projet royal d’augmenter les forces armées, seulement comme on manque apparemment de fer pour forger des armes quelqu’un a eu la brillante :blink: idée de réquisitionner tout le fer des paysans – instruments agricoles, marmites, tout.
Un vieux forgeron qui a rendu leurs affaires aux villageois est mis en prison à mourir de faim pour l’exemple, sa fille arrive à lui envoyer quelques boulettes de riz qu’il pétrit en une forme grossièrement humanoïde en invoquant la vengeance céleste. Or sa fille se pique le doigt en cousant et une goutte de sang tombe sur la figurine, et voilà, Pulgasari est né.

Il faut le voir, tout mimi, sauver le fiancé rebelle en croquant un gros bout du sabre du bourreau puis les chaînes qui le retiennent… :pity:
Seulement en mangeant du fer il grandit vite, atteignant d’abord la taille d’un être humain puis devenant de plus en plus grand. Pour le look, imaginez un minotaure couvert d’écailles avec une queue de crocodile et vous en aurez une idée. Entre sa force, son invulnérabilité et la sainte trouille qu’il inspire aux soldats, c’est l’arme de guerre ultime de la Révolution…

Le conseiller du général Fuan, il faut le lui reconnaître, ne manque pas d’imagination et échafaude différents stratagèmes pour essayer de venir à bout du monstre. Conceptuellement c’est intéressant puisque pour une fois ce sont les méchants qui doivent trouver une combo pour neutraliser une force destructrice écrasante, et puis ça nous permet de nous réjouir avec bonne conscience de leurs échecs :saint: . Mention spéciale à la fois où ils essayent de le brûler – ils n’arrivent qu’à le chauffer au rouge et quand ils s’enfuient en désordre en franchissant une rivière à la nage et sur des canots, il s’y jette à leur suite et ça fait des centaines de vils méchants bouillis vifs. La fois suivante aurait bien pu marcher, mais la fille du forgeron a sauvé le coup à un quart de poil près…

À signaler que le film, s’il est prodigue des vies des méchants, n’épargne pas les gentils non plus ( ah, la fin… :'( ) et est assez honnête pour montrer que l’enthousiasme populaire c’est bien mais ça n’aide pas contre un barrage d’artillerie ( le parc d’artillerie des méchants est un des atouts du film ).

Au niveau psychologie des personnages c’est le degré zéro, toutefois si vous aimez les romances gros monstre/jolie fille c’est infiniment supérieur à King Kong chin_guin .

La prise de la capitale est réjouissante si on aime les destructions massives et la panique abjecte des méchants. Là où ça devient drôle, c’est que, maintenant qu’ils ont remporté la victoire, les rebelles se retrouvent avec sur les bras un gros monstre mangeur de fer et qui a faim… comment au juste on gère cette situation ? :shock:

Dans la mythologie coréeenne le pulgasari est effectivement un monstre qui mange le fer et qui détruit le mal ( j’ai googlé « Korean mythology », je suis trop fort :twisted: ), mais le message du film est nettement plus ambigu: une tyrannie qui affame son peuple pour bâtir une armée, un libérateur qui après la victoire se comporte objectivement comme le tyran… il y aurait eu comme une allusion à la gentille petite famille Kim que ça ne m’étonnerait pas trop. :whistle:
Dernière modification par ashimbabbar le mer. 24 mai 2017 02:00, modifié 3 fois.
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Re: Cinéma Chef-d'Œuvre ou Navet que choisir ?

Message par ashimbabbar » mer. 24 mai 2017 01:57

Pulgasari est un film qui mérite d’être vu, après tout c’est le seul film de kaiju ( : gros monstre à la Godzilla ) nord-coréen. Si vous lisez l’anglais, vous pouvez le voir sur youtube.

L’histoire du film est en fait plutôt plus intéressante que celle qu’il raconte. Il était une fois un cinéaste sud-coréen ( Shin Sang-ok ) dont les opinions de gauche étaient de plus en plus mal vues du régime de plus en plus dictatorial et répressif de la Corée du Sud, et voilà qu’un beau jour sa femme ( l’actrice Choi Eun-hee ), de qui il s’était séparé d’un commun accord, disparut à Hong Kong. La police étant plus qu’à moitié convaincue que c’était lui qui l’avait fait disparaître et ne s’intéresant pas à d’autres pistes, il se rendit sur place pour enquêter lui-même et découvrit ce qui lui était arrivé de la façon la plus simple et la plus désagréable: lui aussi fut kidnappé par des agents nord-coréens. Cela se passait en 1978.
Quelques tentatives d’évasion lui valurent deux ans dans les prisons nord-coréennes, à l’issue de quoi il fut amené devant Kim Jong-il en persone, alors l’héritier de son père. Ce bon Kim jugeait que la Corée du Nord manquait d’un cinéma à la hauteur et admirait le talent de Shin Sang-ok, donc celui-ci allait se mettre au travail ou bien. Ni Shin Sang-ok ni sa femme ne se portèrent volontaires pour ou bien, ils tournèrent donc un certain nombre de films avant de réussir à s’enfuir lors d’un festival de cinéma en Autriche en 1986 ( à noter que les circonsatnces avaient ravivé leur flamme mutuelle ). Et, comme Kim il-Sung était un passionné de films de kaiju, Shin Sang-ok, en 1985, tourna Pulgasari.

Donc. Quelque part à l’époque Goryeo ( Goryeo c’est très long, je dirais pour ma part le XIV° siècle ), entre la tyrannie du roi et les mauvaises récoltes, il y a des rebelles. D’où le projet royal d’augmenter les forces armées, seulement comme on manque apparemment de fer pour forger des armes quelqu’un a eu la brillante :blink: idée de réquisitionner tout le fer des paysans – instruments agricoles, marmites, tout.
Un vieux forgeron qui a rendu leurs affaires aux villageois est mis en prison à mourir de faim pour l’exemple, sa fille arrive à lui envoyer quelques boulettes de riz qu’il pétrit en une forme grossièrement humanoïde en invoquant la vengeance céleste. Or sa fille se pique le doigt en cousant et une goutte de sang tombe sur la figurine, et voilà, Pulgasari est né.

Il faut le voir, tout mimi, sauver le fiancé rebelle en croquant un gros bout du sabre du bourreau puis les chaînes qui le retiennent… :pity:
Seulement en mangeant du fer il grandit vite, atteignant d’abord la taille d’un être humain puis devenant de plus en plus grand. Pour le look, imaginez un minotaure couvert d’écailles avec une queue de crocodile et vous en aurez une idée. Entre sa force, son invulnérabilité et la sainte trouille qu’il inspire aux soldats, c’est l’arme de guerre ultime de la Révolution…

Le conseiller du général Fuan, il faut le lui reconnaître, ne manque pas d’imagination et échafaude différents stratagèmes pour essayer de venir à bout du monstre. Conceptuellement c’est intéressant puisque pour une fois ce sont les méchants qui doivent trouver une combo pour neutraliser une force destructrice écrasante, et puis ça nous permet de nous réjouir avec bonne conscience de leurs échecs :saint: . Mention spéciale à la fois où ils essayent de le brûler – ils n’arrivent qu’à le chauffer au rouge et quand ils s’enfuient en désordre en franchissant une rivière à la nage et sur des canots, il s’y jette à leur suite et ça fait des centaines de vils méchants bouillis vifs. La fois suivante aurait bien pu marcher, mais la fille du forgeron a sauvé le coup à un quart de poil près…

À signaler que le film, s’il est prodigue des vies des méchants, n’épargne pas les gentils non plus ( ah, la fin… :'( ) et est assez honnête pour montrer que l’enthousiasme populaire c’est bien mais ça n’aide pas contre un barrage d’artillerie ( le parc d’artillerie des méchants est un des atouts du film ).

Au niveau psychologie des personnages c’est le degré zéro, toutefois si vous aimez les romances gros monstre/jolie fille c’est infiniment supérieur à King Kong chin_guin .

La prise de la capitale est réjouissante si on aime les destructions massives et la panique abjecte des méchants. Là où ça devient drôle, c’est que, maintenant qu’ils ont remporté la victoire, les rebelles se retrouvent avec sur les bras un gros monstre mangeur de fer et qui a faim… comment au juste on gère cette situation ? :shock:

Dans la mythologie coréeenne le pulgasari est effectivement un monstre qui mange le fer et qui détruit le mal ( j’ai googlé « Korean mythology », je suis trop fort :twisted: ), mais le message du film est nettement plus ambigu: une tyrannie qui affame son peuple pour bâtir une armée, un libérateur qui après la victoire se comporte objectivement comme le tyran… il y aurait eu comme une allusion à la gentille petite famille Kim que ça ne m’étonnerait pas trop :whistle:
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